« Surtourisme » : quand voyage rime avec dommage

Notion récente, fruit de l’essor de l’individualisme et des compagnies aériennes à bas coût, elle recouvre les critiques adressées au tourisme de masse et à ses excès, entre perte de sens et détérioration des sites visités. Histoire d’une notion. Dans le Dictionnaire des idées reçues que Gustave Flaubert (1821-1880) commence à rédiger à partir des années 1850, le mot « tourisme » ne figure pas. C’est manifestement trop tôt. L’écrivain, qui a parcouru l’Orient pendant trois ans avec son ami Maxime Du Camp (1822-1894), fut pourtant un touriste avant l’heure. Le mot « voyageur », lui, figure bien dans l’abécédaire, avec comme définition : « Toujours intrépide. » Ce qui tisse un lien avec ce que dénonce le journaliste et alpiniste François Carrel, dans son essai Himalaya Business (Paulsen-Guérin, 160 pages, 22 euros).